Adamas, maître du jeu (Cosplay), de Laurent Ladouari

Aficionados de la culture pop, des nouvelles technologies, des jeux vidéos : bonjour ! Je vous présente aujourd’hui un roman français un peu atypique mêlant grimage, réalité virtuelle et monde de l’entreprise : « Adamas, maître du jeu » de Laurent Ladouari.

Soit dit en passant, vous pouvez directement oublier ce titre qui ne colle pas (ou peu) au roman et garder en tête l’orignal du grand format : « Cosplay ». Car oui, en étant édité au format poche, le livre a été renommé (!).

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« Cosplay » est le premier tome d’un cycle appelé « Volution ». Le deuxième tome : « L’or des Malatesta » est d’ores et déjà paru en mars 2016.

Cosplay, c’est un jeu mais pas n’importe lequel, un jeu où chacun peut incarner le personnage qu’il souhaite et surtout un jeu où les hiérarchies, les liens de subordinations disparaissent. Vous avez toujours rêvé d’incarner Robespierre, Gandhi ou encore Athos : Cosplay est pour vous ! Vous avez toujours rêvé de renverser la pyramide des N+ en entreprise et de clouer votre chef de service au pilori ? Là-encore, Cosplay est fait pour vous !

De quoi ça parle ?

Notre histoire commence avec Katie Dûma, jeune thésarde en recherche d’un emploi. Elle se fait embaucher dans une société de technologie appelée 1T, mais 1T ne va pas bien du tout et vient tout juste d’être rachetée par le mystérieux Zoran Adamas qui compte en réalité la démanteler. Pour certains Adamas est un génial homme d’affaire visionnaire, pour d’autres un parvenu. Pourquoi Adamas s’intéresse-t-il à cette entreprise en déclin et pourquoi l’avoir rachetée si c’est pour la détruire ?

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Rapidement, des envoyés d’Adamas plus que fantasques viennent à 1T proposer un projet : que 1T décide de son devenir par le biais d’un jeu, le fameux Cosplay. Chacun est invité à y participer moyennant le fait de jucher sur sa tête un casque virtuel. Dans le Cosplay, on repart de zéro, on incarne qui on veut et surtout on fait ce qu’on veut de 1T. Tout le monde est convié, au désespoir des grands pontes de la direction qui se demandent bien ce qu’une secrétaire, par exemple, peut savoir et décider de l’avenir de 1T.

C’est dans le monde virtuel du Cosplay que tout va se jouer. Quel place chacun va-t-il prendre sous couvert d’anonymat ? Quand les masques virtuels tomberont, quel sera l’avenir de 1T et de chacun ?

Et l’écriture dans tout ça ?

Le roman est construit à l’image d’un bon jeu vidéo ou d’une bonne série. Des chapitres courts, se terminant qui sur des révélations, qui sur un évènement, qui sur un rebondissement.

Laurent Ladouari maîtrise à merveille l’art de l’addiction en distillant au compte-goutte ces éléments que nous attendons tous, qui nous donnent envie de faire défiler les pages à grande vitesse.

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L’auteur semble également aimer les maximes, ou autres petites leçons de morales et de vie qui aident à avancer, à se surpasser. Lisez plutôt :

« Les prédateurs finissent tous de la même façon. Lorsque l’angoisse de disparaître les abandonne, ils s’empâtent, s’alourdissent, ralentissent. Bientôt quelqu’un prendra leur place et les précipitera du sommet de la chaîne alimentaire où ils étaient trop confortablement assis. »

Qu’est-ce que j’en pense ?

Cosplay est un roman qui fera écho à tout à chacun qu’on soit fan ou pas de jeux vidéos, ou de culture pop. Comment ne pas retrouver des « connaissances » devant les descriptions de cette entreprise 1T où certains, « doucement planqués », ne cherchent qu’à préserver leurs intérêts personnels ?

A la lecture de Cosplay, on a l’impression d’avoir vu un film, les personnages plus qu’originaux, hauts en couleurs, participent à l’impression que les images ont été vues et non lues.

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Laurent Ladourari semble avoir envie de faire passer des messages « humains » qui lui tiennent à cœur, malgré cet univers chamarré et technologique, comme : favoriser le collectif au détriment de l’individuel, voir au-delà des apparences et notamment au-delà du diplôme et des fonctions.

On regrettera juste que la période dans laquelle l’auteur place le roman soit peu développée (peut-être dans un prochain opus) ? On sait par exemple qu’un grand Mur de séparation a été construit d’où un pays à deux vitesses, que l’évènement de la Commune est restée comme un évènement fondateur.

Je vous recommande ce livre si vous souhaitez plonger dans les mondes virtuels sans pour autant vous y connaître. « Cosplay » est un bon moyen de s’évader à peu de frais et d’imaginer un monde où ce sont les salariés qui font l’entreprise et non l’inverse.

4/5

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