Cent ans de solitude, de Gabriel García Márquez

Attention, coup de cœur absolu dont j’ai hâte de vous parler : « Cent ans de solitude » de Gabriel García Márquez ! Puissamment ancré dans le courant du réalisme magique, l’auteur espagnol a créé un véritable chef d’œuvre dans les années 60 avec ce roman.

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Une véritable fresque historique, parée d’un arbre généalogique à vous coller des maux de têtes, mais terriblement étonnante et distillant un humour tout à fait plaisant.

Mettez de côtés vos préjugés sur la littérature classique (si vous en avez) et partons ensemble dans le monde onirico-fantastico-réaliste (oui tout ça !) de García Márquez.

De quoi ça parle ?

« Cent ans de solitude » vous invite à suivre la famille Buendia sur environ 6 générations. Tout commence dans le petit village de Macondo, sorte de paradis perdu que fondent José Arcadio Buendia et Ursula Iguarán, cousins de leur état.

Dès le départ, on sent que l’histoire prend un tournant particulier : en effet, José Arcadio et Ursula craignent d’avoir une progéniture avec une queue de cochon étant donné leur lien de parenté… C’est avec appréhension qu’ils suivront la naissance de leurs 3 enfants : José Arcadio (le deuxième du nom), Aureliano et Amaranta.

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Retenez-bien ces noms car à chacun est lié un caractère, à chacun est lié une sorte de destinée et chaque enfant doté par la suite de ces noms sera investi d’une sorte de mémoire générationnelle rattachée à ses ancêtres. Les ancêtres jouent d’ailleurs un rôle très particulier et il ne sera pas rare de croiser ici et là un fantôme d’un parent disparu ou d’un ennemi rodant dans la maison familiale…

Mais le pire reste la prophétie jetée par un colporteur : Melquiades, sur la famille Buendia. En effet, celle-ci est condamnée à 100 ans de solitude (d’où le titre du roman).

C’est dans cette atmosphère plus que particulière que les générations vont se succéder.

De destins tragiques en drames sanglants, le lecteur est invité à suivre les Buendia à travers l’histoire colombienne, sur fond de guerre et d’insurrection, de maquis et de soulèvement civil.

Une véritable épopée familiale s’offre ainsi au lecteur !

Et l’écriture dans tout ça ?

L’écriture parlons-en, elle est magique ! García Márquez manie les mots comme personne, associant intelligemment réalisme et fantastique et brouillant à loisir les frontières et faisant ainsi passer de manière tout à fait probable des évènements qui relèvent purement et simplement de l’imaginaire.

« L’atmosphère était si humide que les poissons auraient pu entrer par les portes et sortir par les fenêtres, naviguant dans les airs d’une pièce à l’autre. »

Son écriture riche, imagée, brosse des portraits de personnages tous plus hallucinants les uns que les autres, porteurs de stigmates, des personnalités fortes qui ne peuvent laisser le lecteur de marbre.

García Márquez, grâce à l’emploi de la troisième personne et donc grâce à la présence d’un narrateur fictif hors champ, agit en tant que conteur. Pas de suspens artificiel ici, le lecteur sait ce qu’il va arriver par le biais de la narration à la troisième personne : reste encore à découvrir non pas le pourquoi, mais plutôt le comment.

Ne vous laissez pas impressionner, par ailleurs, par les noms des uns et des autres. Il est vrai qu’il est parfois difficile de distinguer au cours du récit un Aureliano ou un José Arcadio d’un autre mais les différents arbres généalogiques que vous pourrez glaner sur internet vous serviront de pense-bête. Vous pouvez d’ailleurs en trouver un ici dont je me suis servi durant ma lecture.

Qu’est-ce que j’en pense ?

Je crois bien que je vais être à court de mots propres à révéler mon sentiment par rapport à cette lecture. Je vais toutefois tenter de vous en partager un peu.

On se fait surprendre toutes les deux pages. Par exemple, un moment il s’agit de suivre une guerre, plutôt réaliste avec ses combattants, sa stratégie, et la fois d’après ce sont les fourmis rouges qui menacent la maison Buendia et la végétation qui devient elle-même une sorte d’envahisseur. Ces changements et cette imbrication réalisme-fiction et amenée d’une manière magistrale et toute en subtilité.

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L’autre thème plus que présent relève du relationnel, des relations interdites (incestueuses) notamment. Aucun voyeurisme de l’auteur à ce niveau, juste des faits racontés. Les personnages semblent chercher l’amour mais être incapables d’avoir une véritable relation. Embourbés dans leur passé familial, ils se resserrent autour des liens du sang au lieu de s’ouvrir au monde.

Latmosphère devient très vite pesante dans le livre, on sait que tout va mal se finir, mais la lecture n’est pas pour autant laborieuse pour le lecteur, et c’est là toute l’adresse de l’auteur. La famille Buendia semble engluée dans une sorte de cycle sans fin où les évènements se reproduisent de générations en générations et-ce malgré l’attention particulière d’Ursula.

Enfin, j’ai été complètement captivée par les aventures rocambolesques que vivent les personnages. Des « oh » et des « ah » ont ponctué en permanence ma lecture. J’ai ri, frissonné, ai été chamboulée mais aussi émerveillée.

Loin de rendre justice à cette œuvre sublime, j’espère fortement que ma chronique aura au moins le mérite de vous faire aller vers le roman car c’est une expérience à vivre et à lire !

5/5

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3 réflexions sur “Cent ans de solitude, de Gabriel García Márquez

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