Tant que nous sommes vivants, de Anne-Laure Bondoux

« Tant que nous sommes vivants » est un livre ado à ne pas manquer ! Rien que la couverture enchanteresse nous promet un récit rempli de curiosités. Illustrée par l’artiste Hélène Druvert, elle invite à la rêverie mais comporte aussi sa part d’ombre…

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Écrit par Anne-Laure Bondoux, l’auteur de « Et je danse, aussi » co-écrit avec Jean-Claude Mourlevat, « Tant que nous sommes vivants » est tout à fait le type de livre pour adolescents qu’on aimerait lire plus souvent ! Je vous raconte tout ça !

De quoi ça parle ?

Bo et Hama vivent dans un monde dévasté, tout y est comme passé et noir, fruit d’un passé flamboyant maintenant à jamais révolu. Bo, forgeron, travaille dans une usine d’armement. C’est au cœur de celle-ci qu’il rencontre Hama, elle-aussi employée pour un travail éreintant. Au premier échange de regard, un courant passe entre eux.

Harassés par leur quotidien, ils volent des moments d’intimité autant que faire se peut mais bien souvent le seul instant qui illumine leur journée est celui où Bo vient prendre son service et où Hama laisse le sien. Quelques minutes pour eux, parfois juste un regard.

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Fairy tales, 2011, Helene Druvert

Et puis c’est le drame, l’usine un beau jour explose, emmenant avec elle les deux bras de Hama. Dès lors, on reproche à Bo, cet étranger, tous les malheurs qui tombent sur la petite ville. Leur idylle est peu à peu vue d’un mauvais œil par les habitants. Est-il de bon ton de donner à voir tant de joie alors que tout s’écroule autour de soi ? Bo doit forcément y être pour quelque chose puisque tout empire depuis qu’il est arrivé !

Bo et Hama n’ont d’autres choix que de tout quitter et de partir sur les routes à la recherche d’un monde meilleur pour eux mais aussi pour leur bébé car Hama est enceinte.

Des aventures et de nombreuses rencontres les attendent tout au long de leur route mais contrairement à un récit young adult classique, rien n’est facile ni téléphoné. Les relations entre Hama et Bo, bien que fondées sur l’amour sont-elles prêtes à tenir face aux caprices de la vie ?

Et l’écriture dans tout ça ?

Anne-Laure Bondoux a créé de toute pièce un monde noir dans lequel il n’est pas rare de rencontrer de nombreux personnages plus curieux les uns que les autres.

Les critiques ont comparé son récit à un conte moderne et c’est tout à fait dans cet esprit qu’est écrit le roman. Pas d’action outre mesure, il s’agit plutôt d’un cheminement, voire d’une quête initiatique.

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The secret garden / le jardin secret, 2012, Helene Druvert

Les mots d’Anne-Laure Bondoux arrivent à faire naître chez le lecteur de nombreuses images et on ne peut avoir en tête tout au long du récit que cette couverture, jeu d’ombres et de lumière. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, un récit tout en nuances faisant passer au gré des chapitres les personnages tantôt dans l’ombre tantôt dans la lumière. Bo et Hama ne sont ainsi pas lisses et sont bien éloignés des couples caricaturaux que l’on a tendance à trouver dans de nombreux livres ado/jeunesse. D’ailleurs, on a parfois bien du mal à s’attacher à eux tant leur comportement est aux antipodes des clichés habituels.

Qu’est-ce que j’en pense ?

« Tant que nous sommes vivants » est un roman dont la cible pourrait nous faire redouter un récit un peu facile car dans un énième monde apocalyptique assorti d’une histoire d’amour fadasse : rien de tout cela ici ! Ce livre aurait tout à fait sa place, je trouve, dans les bibliothèques de tout à chacun aux côtés d’Alice aux Pays des Merveilles !

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Flower’s crown, 2013, Helene Druvert

« Tant que nous sommes vivants » possède un côté onirique sans pareil ! Comme dans l’œuvre de Lewis Caroll, il y a également un aspect loufoque voire absurde dans ce roman. Cela contrebalance la toile de fond très noire que nous dépeint l’auteur. On y trouve ainsi une vieille meneuse de revue avec des jambes mécaniques, des sortes de lutins/gnomes vivants quatre pieds sous terre, … pour ne citer que quelques exemples !

Je pourrais presque avancer à vous dire que j’ai trouvé dans ce récit une substance très steampunk (rapport à la place du métal qui, à lui seul, incarne la technologie).

Je ne saurais que vous conseiller de lire ce récit. Certains pourront peut-être y trouver quelques longueurs mais si vous acceptez de suivre l’auteur, vous passerez sans doute un agréable moment surtout si vous aimez les univers étranges et singuliers.

5/5

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5 réflexions sur “Tant que nous sommes vivants, de Anne-Laure Bondoux

      • C’est l’histoire d’une Servante qui fuit pendant les guerres de religion. Son maitre, protestant a été tué et seul l’enfant a survécu. Elle est catholique, et risque sa vie en prenant la fuite avec l’enfant. Je te le résume super rapidement. Mais franchement c’est une belle histoire. 🙂

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