Le liseur du 6h27, de Jean-Paul Didierlaurent

Soyons clairs dès le départ, «Le liseur du 6h27» est un livre dans la tendance « feel-good books ». Mais si, vous savez, ces livres qui vous permettent de vous évader, de passer un bon moment, de rire, de se détendre, le plus souvent sur fond d’écriture simple, sans fioriture.

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Les romans « feel-good » ont d’ailleurs le vent en poupe ! Tous les mois depuis quelques années, de nouveaux titres fleurissent en devanture des librairies : Les gens heureux lisent et boivent du café et sa suite (Agnès Martin-Lugand) , Petites recettes de bonheurs pour les temps difficiles (Suzanna Hayes et Loretta Nyhan), Demain est un autre jour (Lorie Nelson Spielman), les romans de Gilles Legardinier,… Vous en connaissez sûrement bien d’autres !

«Le liseur du 6h27», est quant à lui, écrit par Jean-Paul Didierlaurent, un auteur déjà reconnu dans le monde des nouvelles. Vous n’avez pas pu passer à côté de ce livre phénomène en 2015, surtout si vous êtes de la région parisienne : publicités placardées dans le métro, séance de dédicace à la gare Haussmann-Saint-Lazare.

Du fait du battage médiatique, les lecteurs avaient de fortes attentes et certains ont d’ailleurs été fortement déçus par ce côté très « feel-good ». Pour ma part, c’est tout à fait le genre de livre que je recherchais. «Le liseur du 6h27» a donc rencontré son public avec moi !

De quoi ça parle ?

Guylain Vignolles est un homme seul (en partie à cause de la contrepèterie malheureuse de son patronyme comme il nous l’explique dès le début du roman), plutôt banal, qui occupe un emploi dans une usine de recyclage de livres.

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La fameuse contrepèterie de Guylain…

Dans cette usine, vont au pilon tous les invendus des précédentes saisons. Et chaque jour, c’est pareil, « La Chose » avale par milliers les livres dont personne n’a voulu, les broie, les tasse, les transforme en charpie et Guylain surveille ce processus, inlassablement. Sa vie est plutôt terne, sans couleur malgré la présence réconfortante de son poisson rouge « Rouget de Lisle ».

Il peut toutefois compter dans son quotidien sur la présence de deux amis plutôt originaux : le garde-barrière Yvon, féru de théâtre, qui ne s’exprime qu’en alexandrins, et Giuseppe ancien collègue de Guylain, qui a perdu ses jambes lors d’un accident avec « La Chose ».

Pour s’extirper du marasme quotidien, Guylain, tous les matins, lors de son trajet de 6h27 en RER, lit des pages que « La Chose » n’a pas voulu digérer. Il les déclame à haute voix, les pages s’enchaînent sans lien entre elles. Il a un public de fidèles, voyageurs matinaux discrets qui l’écoutent sans en avoir l’air.

Et un jour, Guylain trouve une clé usb dans le RER, cette clé renferme les écrits d’une femme : Julie. La découverte de cette clé va chambouler la vie de Guylain.

Et l’écriture dans tout ça ?

N’y allons pas par quatre chemins, l’écriture est fluide, simple, directive, un peu vulgaire parfois. Le liseur de 6h27 se lit très vite, en deux heures vous arriverez au bout des aventures de Guylain.

Jean-Paul Didierlaurent a peuplé son roman de personnages atypiques, et semble avoir une adoration pour les petits détails incongrus qui m’ont fait sourire tout au long de la lecture.

Par contre, ne vous fiez pas à la quatrième de couverture qui suggère que Guylain va rencontrer nombres de personnes dans le RER au cours de ses lectures matinales. Certes il y en aura, mais seulement deux et l’histoire ne s’axe finalement pas sur ces rencontres.

Qu’est-ce j’en dis ?

Une lecture rafraichissante, un petit coin de ciel bleu pour ceux qui l’ont lu ou le liront dans le RER. Ce n’est pas le roman de l’année, ce n’est pas ce qu’on lui demande mais on passe un agréable moment en compagnie de Guylain, certes un peu teinté d’amertume.

C’est parfois un peu trop « bons sentiments », quelquefois un peu trop suave, mais finalement, n’est-ce pas un peu ce que l’on cherche lorsqu’on ouvre un feel-good book ?

4/5

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