L’héritage, de Katherine Webb

Je ne lis pas beaucoup de sagas familiales et pourtant j’aime vraiment ce style de littérature. Le problème : en général, elles m’affectent trop et je me retrouve à ruminer certains événements (tragiques ou non d’ailleurs) bien après que j’ai refermé le ou les livres, car les sagas familiales sont parfois sur plusieurs tomes. Et c’est ce deuxième aspect qui me fait parfois repousser le moment de leur lecture : peur du pavé moi ? Peut-être un peu !

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Je me suis pourtant lancée avec ferveur dans la lecture de « L’héritage » de Katherine Webb. C’est le premier roman de cette auteure qui en compte désormais quatre, le dernier en date étant « La Vérité à propos d’Alice« .

De quoi ça parle ?

Nous commençons notre lecture avec la rencontre des sœurs Calcott : Erica et Beth, qui viennent d’hériter de nos jours du manoir de leur grand-mère Meredith. Erica est une jeune femme enjouée, institutrice de son état. Quant à Beth, séparée récemment de son mari, elle a un enfant de 11 ans qu’elle adore plus que tout au monde, mais surtout elle est en dépression depuis maintenant près de 23 ans suite à un événement tragique de leur enfance.

Cet événement, nous allons le découvrir petit à petit. Ce que l’on sait : le manoir de leur grand-mère tait le lieu de pèlerinage estival des sœurs Calcott dans leur jeunesse. Là, elles laissaient libre cours à leur imagination, inventant aventures et autres jeux dont seuls les enfants ont le secret. Seul point noir à ce tableau : leur cousin Henry, constamment sur leur dos. Jusqu’au jour où Henry disparaît.

Ce drame plongea Beth dans une profonde dépression. Erica, de son côté ne se souvient de rien. Ayant 5 ans au moment des faits, elle cherche maintenant à tout prix à comprendre ce qui s’est passé. De non-dits, en révélations, elle va tenter de reconstituer le puzzle.

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En parallèle de cette « enquête mémorielle » entreprise par Erica, nous suivons également Caroline, l’arrière-grand-mère d’Erica et Beth. On nous raconte ainsi sa vie de jeune femme à la découverte de l’Ouest américain au début des années 1900. Comment leur arrière grand-mère s’est-elle retrouvée là-bas ? Et quel est cet enfant dans ses bras découvert sur une photo ancienne dans le grenier de Mérédith ? Une recherche dans la passé vient s’ajouter à la première quête des sœurs Calcott.

Nous allons donc avoir affaire à deux secrets de famille : un de nos jours et un au début du XXème siècle, ceux-ci étant d’une manière ou d’une autre connectés les uns aux autres.

Et l’écriture dans tout ça ?

Katherine Webb, est une acharnée des descriptions, et-ce peut-être malgré elle. Ayant en quelque sorte deux mondes à écrire, celui autour du manoir et celui de l’Ouest américain, le roman n’échappe pas à force image et autres évocations des lieux. Heureusement, celles-ci restent légères.

L’auteure possède une plume assez riche, parfois un peu trop alambiquée à mon goût. J’ai regretté quelque peu que le ton, le style soit peu différencié entre les années 2000 et les années 1900. Sans les descriptions temporelles, il serait difficile de savoir à quel siècle on a affaire avec juste les propos des personnages.

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Justement, concernant les personnages, je les ai trouvés plutôt bien brossés. J’avais peur de ne pas m’intéresser à l’arrière grand-mère qui paraissait très loin de nous et pourtant : son histoire est finalement plus addictive et plus prenante que celles des sœurs Calcott de nos jours, qui en vient parfois à patiner, à balbutier sur plusieurs pages.

L’alternance des points de vue entre les deux périodes apporte une dynamique supplémentaire au récit. Autre point positif, la narration qui est tenue par les deux femmes, tantôt dans la tête d’Erica, tantôt dans celle de Caroline l’arrière-grand-mère. On suit pas à pas leurs tourments, leurs questionnements, leurs craintes.

Qu’est-ce que j’en pense ?

« L’héritage » est une saga familiale plaisante. Malgré tout, j’ai eu dû mal à entrer dans le récit. L’histoire peine à se mettre en place et le secret auquel on s’intéresse le plus n’est finalement pas celui auquel on s’attendait : la disparition d’Henry parait ainsi secondaire dans le récit par rapport aux révélations apportées par l’Ouest américain.

Il faut presque être tenace face à ce type de lecture. On est loin, c’est sûr, des romans très « action » dès les trois premières pages. Les secrets se méritent. Le cheminement se fait parfois de manière laborieuse, comme une quête personnelle. C’est un peu là que le bât blesse. A trop vouloir ralentir le rythme, on y perd. De fausses pistes en événements finalement peu expliqués, beaucoup d’éléments servent peu les intrigues principales et viennent rarement étayer le contexte ou le background de l’histoire. J’ai parfois eu l’impression que l’auteure cherchait artificiellement à perdre le lecteur pour mieux le retrouver après, mais ceci se faisait de manière trop brute, trop visible, comme si les fils du récit s’affichaient en gros plan devant nos yeux.

Ce que j’ai par contre apprécié, c’est la plongée dans l’Ouest américain bien loin des westerns et autres fantasmes « cow-boy-esques ». Caroline, l’arrière-grand-mère ne se doute pas un instant de ce qui l’attend dans ces grandes étendues désertiques, loin de tout, aux prises avec la nature, la solitude, la rudesse du climat. Elle est confrontée à ses propres démons, chaque journée pesant sur elle et achevant peu à peu de la perdre.

Je vous conseille ce roman si vous aimez les histoires familiales qui prennent le temps et qui jouent sur deux tableaux temporels.

3/5

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2 réflexions sur “L’héritage, de Katherine Webb

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