L’étranger, de Albert Camus

Voilà un livre qui a fait et fait toujours parler de lui. Je n’avais pas encore eu pour ma part l’occasion de me confronter à lui. C’est chose faite. J’ai donc lu « L’étranger » d’Albert Camus.20170211_133057

Ce roman fait partie d’un cycle de 4 romans nommé « Cycle de l’absurde » par Camus lui-même.

De quoi ça parle ?

L’étranger nous fait suivre le personnage de Meursault. Celui-ci habite à Alger. Au début du roman, Meursault reçoit un télégramme indiquant que sa mère est décédée. Il se rend donc à l’hospice de Marengo, et assiste à la cérémonie et à son inhumation. Meursault est peu affecté par cet évènement.

Le lendemain, Meursault décide de sortir. A la piscine il se rapproche de Marie, une ancienne connaissance. Et le surlendemain, le voilà de retour au bureau mais tout a changé ? Non, plutôt rien n’a changé.

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Et pourtant, Meursault se rapproche peu à peu de son voisin aux mœurs plus que douteuses (est-il proxénète ?) : Raymond. Plus ou moins malgré lui, Meursault devient son témoin « de moralité » (et ami ?) dans une affaire de maltraitance d’une de ses maîtresses. Pour le remercier, Raymond l’intronise alors parmi les siens en lui proposant un week-end à la mer chez des amis à lui.

Et après ? Après tout change. Meursault se promène sur la plage, le dimanche, après le repas arrosé avec ses nouveaux amis (dont Raymond), et là une bagarre éclate entre Raymond et deux personnages venus défendre leur sœur, la maîtresse qu’il avait plus avant maltraitée.

Et l’écriture dans tout ça ?

Meursault est le personnage phare de ce court roman. On le suit, presque malgré nous parfois, tant son comportement peu sembler erratique, voire chaotique. Les autres personnages, mis à part Raymond, sont de passage : présents mais peu décrits, des mots sortent de leur bouche mais ils ne visent qu’à mettre en lumière Meursault.

Camus nous met dans la peau de son personnage en utilisant le récit à la première personne. C’est Meursault qui se raconte et nous raconte. Il nous dit ce qu’il ressent, ce qu’il voit, parfois de manière très simpliste. On en vient presque parfois à penser que Meursault ne comprend pas ou peu ce monde qui l’entoure. Il le subit plus qu’il ne le vit.

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Le roman se lit très facilement. L’écriture est claire, directe, et chaque mot sert le récit même si, de prime abord, celui-ci fait légèrement penser à un journal intime tout venant.

Le roman est découpé en deux parties distinctes. Dans la première, c’est la rencontre avec Meursault, la mise en place du cadre, du contexte, du drame. La deuxième partie c’est le procès, le jugement, la sentence.

Qu’est-ce que j’en pense ?

« L’étranger » est un roman unique dans son genre. Grâce à des mots simples, sans fioritures, Albert Camus nous emmène sur les traces, la vie de Meursault. On assiste désemparés à ses prises de décisions hasardeuses qui l’emmènent au bord du gouffre. Le génie de Camus est de nous faire douter de tout : Meursault est-il tout un personnage ayant un sang-froid sans égal, un profil sur le rasoir, insensible et sans faille ? Ou bien Meursault est-il dépassé, hors de lui-même, rattrapé par les évènements et finalement au-delà de toute compréhension du monde qui l’entoure ?

« L’étranger » possède de nombreux niveaux de lecture que je ne m’aventurerai pas ici à décrypter de fond en comble car certains le feront bien mieux que moi. J’en relèverai néanmoins deux qui me semblent frappant.

Le premier autour de la peur de l’autre. Depuis quelques décennies, le personnage de « l’étranger » lui-même devient le cœur du roman, faisant écho aux problèmes sociétaux actuels. Certains y voient « l’Arabe » tué par « le Français ».

Le deuxième niveau de lecture relève de l’absurdité.  Finalement, on ne comprend ni le motif, ni le pourquoi, même le comment de l’acte qui est perpétré reste flou. Rien dans le roman ne vise à dire : Meursault est totalement innocent ou Meursault est entièrement coupable. Meursault est-il le reflet de notre société ? De notre incompréhension des actes de chacun ? De notre (in)capacité à accepter l’autre, celui qui ne fait pas comme nous ?

En ce sens, Camus, y voit une critique de celui qui est en marge, qui ne respecte pas les règles (implicites) du jeu de la société. Meursault aurait dû, selon les autres, pleurer lorsqu’il a perdu sa mère, il n’aurait pas dû sortir avec une fille le lendemain, il devrait être plus sociable, ne pas vivre en marge. Il est donc vu par les autres comme un paria, une personne non fréquentable, qui doit forcément avoir des choses à cacher, et pire encore. Et donc Meursault s’efforce de correspondre à ce miroir qu’on lui renvoie, jusqu’à perpétrer cet acte que tout le monde attend finalement de lui. L’opinion publique est confortée, le coupable est condamné, tout va bien dans le meilleur des mondes…

Je vous conseille fortement ce roman si vous n’avez pas encore eu l’occasion de le découvrir. En discutant de celui-ci avec mon entourage, je me suis aperçue que chacun avait une opinion bien tranchée sur Meursault. A vous de vous forger la vôtre lors de sa lecture !

4/5

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4 réflexions sur “L’étranger, de Albert Camus

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