La mare au diable, de George Sand

Jusqu’à maintenant, je ne m’étais jamais intéressée à George Sand. Et puis, dans le cadre de mon travail, j’ai eu l’occasion d’aider une thésarde (et amie) qui travaillait sur les maisons d’écrivains, et justement, la maison de George Sand était une de ses études de cas.

Alors, à force d’entendre parler de Gargilesse, de Nohant, de sa maison, du Berry et de ses écrits, je me suis dit qu’il fallait se lancer. Et là, tout au fond de ma Pile à Lire m’attendait « La mare au diable« .

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Nombre d’entre vous l’ont sans doute déjà lu voire même décortiqué lors de leurs études. Quant à moi, vierge de tout a priori et toute interprétation hasardeuse, j’ai attaqué cette lecture qui, ma foi, a été plutôt plaisante !

De quoi ça parle ?

Si comme moi, vous êtes des néophytes de George Sand, sachez que cette partie de la chronique peut vous être utile avant de vous lancer dans ce roman. Ne vous attendez pas à une histoire complexe, alambiquée, ici tout se fait dans la simplicité !

Germain, un paysan de 28 ans a perdu sa femme voilà quelques temps. Accompagné de ses trois bambins, il vit chez ses beaux-parents. Son beau-père, soucieux d’apporter une bonne image à la famille, et un avenir à ses petits-enfants, pousse Germain à reprendre épouse. Ce dernier n’arrive pas à se décider, et ne fait que comparer les prétendantes avec sa défunte épouse.

Las d’entendre son beau-père parler de mariage à tout bout de champ, Germain accepte de mauvaise grâce d’aller rencontrer une jeune veuve d’un village non loin afin de lui demander sa main.

Pour ce voyage, il est accompagné de Marie, une jeune bergère de 16 ans qui part chercher un travail afin de subvenir aux besoins de sa famille. Les voilà donc partis sur la route avec un passager clandestin qui vient s’ajouter : petit Pierre, un des enfants de Germain.

Ce trio improbable en vient à se perdre dans la forêt. Et là, alors que les ombres s’étirent, du côté du lieu-dit « la mare au diable », les cœurs se réchauffent…

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George Sand possède une faculté impressionnante à donner corps et chair à des personnages qui pourraient, au premier abord, sembler bien fades et ternes. Germain, possède un côté naïf et un peu benêt qui en fait un être touchant. Marie, très mature pour son âge, est un modèle de courage et de vertu. Quant à petit Pierre, il apporte une touche de fraicheur, d’ingénuité et de candeur au récit.

Et l’écriture dans tout ça ?

L’écriture est précise, les mots semblent choisis avec soin pour refléter la dure réalité de la campagne du Berry des années 1800. On sent que George Sand a une affection toute particulière pour la terre et les paysans.

On retrouve cet attachement, cette volonté de rester simple, de s’émerveiller des petites choses de la vie quotidienne dans les deux premiers chapitres du roman qui sont plus une sorte d’explication de texte de l’auteur que l’histoire en elle-même. On comprend comment George Sand est en venue à écrire ce livre, ce qu’évoque pour elle les paysans courbés dans les champs, avec cette volonté d’aller au-delà des éléments négatifs, sombres qui constituent les vies des paysans d’alors.

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Elle oppose, face à ces caricatures paysannes, une écriture fluide, parfois quasi-enfantine, agrémentée de nombreux dialogues même si elle n’est pas avare en descriptions, ô combien utiles pour se plonger dans le récit.

Qu’est-ce que j’en pense ?

Véritable roman de terroir, « La mare au diable » nous donne à voir un monde paysan parfois un peu fantasmé par George Sand. De temps à autre trop naïf et simplet aux yeux de certains, ce roman propose une vision positive, là où souvent on ne voit que rudesse, grossièreté, et vision étriquée.

Le récit est très abordable, doté d’un style clair, chantant et léger. Tout dans le roman respire la simplicité, la contemplation, les traditions. D’ailleurs, de nombreux lecteurs y voient une véritable source d’information pour connaître les mœurs et coutumes de l’époque.

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Mais George Sand veut aller au-delà du frustre et donne ainsi à ses personnages une psychologie complexe, et des réflexions poussées sur la vie.

Situé dans un courant romantique, « La mare au diable » n’est pour autant ni un conte ni une bluette même si les sentiments sont présents. On en ressort avec une impression douce de beau.

Je vous conseille de livre si vous souhaitez embarquer dans la paysannerie et aller voir du côté d’un monde un peu oublié, un peu suranné mais redoutablement évocateur.

4/5

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4 réflexions sur “La mare au diable, de George Sand

  1. Je n’ai encore rien lu de George Sand. Je pourrais être tentée par ce roman maintenant que j’ai lu ton avis… Là je lis des nouvelles de Maupassant et justement j’aime beaucoup découvrir les us et coutumes des autres époques… Je pense que je finirai par me lancer. 🙂

    Aimé par 1 personne

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