Le renversement des pôles, de Nathalie Côte

Un roman lu très vite, j’en attendais beaucoup. « Le renversement des pôles » de Nathalie Côte promettait une sorte de satyre de la vie de couple, de la société de consommation. Qu’en est-il vraiment ?

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Avant tout, je dois dire que j’ai été irrémédiablement attirée par ce titre ! On s’attend à un bouleversement, un changement, une modification du tout. Par contre, je ne suis pas du tout fan de la couverture, que je pourrais même qualifier de désagréable à regarder.

De quoi ça parle ?

« Le renversement des pôles » nous amène à faire connaissance avec deux couples.

D’un côté, il y a Vincent et Virginie Bourdon, qui vivent dans l’Est de la France. Lui, technicien informatique. Elle, s’accroche désespérément à paraître, à travers l’achat idéalisé d’une nouvelle voiture « m’as-tu vue », mais les moyens manquent.

De l’autre, c’est Claire et Arnaud Laforêt et leur fils Erwan. Arnaud, fonctionnaire sans grande ambition. Claire s’ennuie, de sa vie, de son mari.

Ces deux couples partent en vacances et se retrouvent dans des maisons mitoyennes le temps d’un été.

Tout est trop caricatural : les femmes sont forcément les empêcheuses de tourner en rond et les hommes ne se posent pas beaucoup de questions sur leur existence. Clichés bonjour ! Les personnages tels que dépeints n’ont trouvé chez moi aucune résonance. Trop lointains, ils semblent comme posé là pour nous jouer des situations.

Et l’écriture dans tout ça ?

Rien de particulier à relever de ce côté. Le roman se lit vite, le style est rapide, clair et bref. Quelques jolies phrases, comme sortie de nulle part, viennent égayer le récit.

Les chapitres courts produisent une certaine dynamique, qui amènent à vouloir continuer pour savoir. Mais savoir quoi finalement ? Le roman est une vitrine, une collection de moments.

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« Le renversement des pôles » était annoncé comme permettant de se poser des questions sur la vie, la société, sa place, ses choix. L’auteur n’aborde finalement aucun de ces sujets, ou de manière très vague et fortuite. C’est un peu comme si on nous soumettait une étude de cas et qu’on doive en tirer en réaliser nous-même l’analyse alors qu’on ne sait pas où veut en venir l’auteur des investigations.

Qu’est-ce que j’en pense ?

Le roman commençait plutôt bien selon moi, avec cette première phrase : « L’amour a ceci de commun avec les chambres à air qu’il éclate sans prévenir quand il ne fuit pas sournoisement ». Hop, je me suis fait happer par elle, d’où mon attente assez forte pour la suite.

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Je dirais que cette phrase reflète mon avis sur le roman. En effet, l’auteur nous crée énormément d’attentes au début du roman. La présentation des protagonistes, la découverte de leur vie, appelle le lecteur, qui veut en savoir plus.

Malheureusement, le récit essouffle déjà son premier tiers. Une fois les couples sur leur lieu de vacances, on assiste impuissants à des situations, des tranches de vie de couples, sans aucune originalité et prise de recul. A quoi bon lire une « télé-réalité » ?

Point de renversement, de bouleversement. Plutôt des personnages (et un auteur ?) désabusés qui en viennent à contaminer le lecteur. Alors, oui, on pourrait dire que c’est une belle réussite si le lecteur lui-même se retrouve dans la même apathie que les personnages. D’ailleurs, certaines critiques évoquent en ce sens un livre doux-amer.

« La photo, le grand amour, le journalisme sportif, le luxe, tels étaient les rêves des protagonistes de cette histoire. Mais comme dans Le Bagad de Lann-Bihoué, ils ne sont pas parvenus à les réaliser, englués dans le quotidien. C’est drôle et triste à la fois » (Jean-Claude Perrier, Livre Hebdo, 2015)

Pour ma part, cela veut plutôt dire que le roman ne m’a pas parlé, n’a rien éveillé en moi de particulier.

Je retiendrai de ce livre quelques moments intéressants de la vie de couples (mais si peu, et encore ceux-ci sont livres bruts sans réflexion aucune), mais au-delà, j’ai l’impression d’une coquille vide et plutôt vaine.

Peut-être parlera-t-il à certains ? Si c’est le cas, n’hésitez pas à m’en parler en commentaire, je serai ravie de savoir ce qui vous a fait vibrer ou interpellé dans ce roman.

1/5

Almonds02

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6 réflexions sur “Le renversement des pôles, de Nathalie Côte

  1. Ça ne donne pas envie. Mon avant-dernier livre aussi était une déception, c’est frustrant. Si tu veux lire un très bon roman sur le questionnement autour du couple, la critique de la société de consommation (et mille autres choses), je te conseille Soudain, seuls d’Isabelle Autissier, si tu ne l’as pas déjà lu. Et en plus, c’est très bien écrit 😉

    Aimé par 1 personne

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