Derrière la haine, de Barbara Abel

Me voilà repartie dans un thriller psychologique avec « Derrière la haine » de Barbara Abel. Ce roman m’intrigue depuis un moment.

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Déjà, grâce à la couverture avec ces deux maisons mitoyennes qui ont l’air de receler de sombres secrets mais aussi et surtout, grâce au résumé qui fait état d’un drame et d’une amitié. Lisez plutôt :

D’un côté, il y a Tiphaine et Sylvain ; de l’autre, il y a Lætitia et David.
Deux couples voisins et amis, ayant chacun un enfant du même âge.
Deux couples fusionnels et solidaires qui vivent côte à côte dans une harmonie parfaite.
Jusqu’au jour du drame.

Je n’évoquerai par contre pas le jeu de mot plus que douteux auquel le titre m’a fait penser (haie / haine) …

Je vous emmène avec moi dans le monde de la suspicion et même de la paranoïa. C’est parti ! (quel programme alléchant n’est-ce pas ?)

De quoi ça parle ?

« Derrière la haine » commence sur un tableau idyllique. Deux couples qui vivent l’un à côté de l’autre, amis, qui partagent soirées et apéros, se confient leurs secrets. Et puis arrive le jour où les femmes de chaque couple sont enceintes à quelques mois d’intervalle. Pour eux quatre, c’est le bonheur ! On  discute parentalité, couches et biberons, bref tout roule si ce n’est qu’une ombre se dessine lentement.

En effet, Sylvain possède un secret qui le mine depuis sa rencontre avec Tiphaine. N’en pouvant plus, avant l’arrivée de leur enfant, il se confie à David. Ce petit secret, ajouté à d’autres, vont les entraîner dans un engrenage de doutes et de rancœur larvée.

Tout ceci s’exacerbant encore le jour où le fils de Tiphaine et Sylvain, Maxime, a un accident sous les yeux de Lætitia…

Les personnages sont particulièrement retors. Chacun semble avoir quelque chose à se reprocher. La narratrice que l’on retrouve le plus est Lætitia. L’auteur s’est arrangée pour qu’il y ait une sorte d’identification : on suit avec elle le quotidien, le déroulement du drame et surtout l’après.

Et l’écriture dans tout ça ?

Le roman s’ouvre sur une scène de tension. Tiphaine et Lætitia se rencontrent, on sent la haine qui coule entre elles comme du poison. Et puis, flash-back, nous voici revenus 7 ans auparavant et c’est là que l’histoire débute.

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Comme tout bon thriller psychologique, l’écriture est directe et incisive. Ce qui nous intéresse, ce sont les pensées et les actions des personnages beaucoup plus que le milieu où ils vivent ou bien la description des paysages.

Barbara Abel n’y va pas par quatre chemins quand il s’agit d’évoquer le drame. Limite, on se sent parfois comme pris de court : « ça y est, c’est passé ? Mais que s’est-il passé exactement ? » et on se surprend à relire la scène en question histoire de mieux comprendre mais surtout pour laisser le temps à notre cerveau de digérer l’information.

Les chapitres, ni trop courts, ni trop longs, se terminent parfois sur un rebondissement qui pousse à continuer la lecture. Ils sont également entrecoupés d’anecdotes ou d’extraits des carnets de santé des enfants de chaque couple.

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Une anecdote concernant Maxime, l’enfant de Tiphaine et Sylvain

Qu’est-ce que j’en pense ?

« Derrière la haine » est typiquement le genre de roman qui peut vous prendre aux tripes, pour un peu que vous soyez sensibles aux histoires touchant des enfants. Le récit n’est pas haletant en soi, mais il y a plutôt comme une sorte de menace qui pèse sur ces deux couples qui accroche le lecteur. Tant et si bien, qu’on n’en vient à ne plus savoir qui a raison ou qui a tort, qui s’invente des choses, qui voit le mal là où il n’y en a (peut-être) pas.

Je dirais qu’on passe un bon moment de lecture avec ce thriller. Il est bien construit, sans trop d’actions qui pourraient desservir le récit.

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« Derrière la haine », c’est aussi un roman sur la perte d’un enfant, la possible reconstruction ou non suite à sa disparition mais aussi les ravages qu’elle peut causer. Si ici, le côté « ravages » est poussé à l’extrême, il n’en reste pas moins qu’on se fait gentiment balloter d’une famille à l’autre sans savoir exactement où cela va nous mener, ce qui est particulièrement appréciable pour l’intrigue bien que parfois déstabilisant.

En bref, je vous conseille ce roman si vous êtes à la recherche d’un bon thriller psychologique, qui tienne la route et qui sait jouer sur la corde sensible du lecteur pour l’amener sur des terrains qu’il n’aurait pas imaginé.

4/5

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NB : il semble qu’il y ait une suite à ce roman, intitulée « Après la fin ». Je dois dire qu’elle me tente énormément. Par contre, je vous conseille de ne pas lire la quatrième de couverture si vous ne souhaitez pas avoir des révélations inopportunes sur le premier tome.

9782265097148

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4 réflexions sur “Derrière la haine, de Barbara Abel

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