Les ignorants, de Etienne Davodeau

Jolie découverte avec la lecture d’une BD qui mêle vin et bande dessinée : « Les ignorants » de Etienne Davodeau.

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Je continue donc ma découverte du monde de la bande dessinée après : « De mal en pis » (chronique ici)  d’Alex Robinson et « Cases blanches » (chronique ici) de Sylvain Runberg et Olivier Martin.

En plus, il s’agit de Etienne Davodeau qui n’a pas son pareil pour croquer la vie des espaces ruraux et mettre en avant ses aspects sociologiques d’une manière très sensible. J’avais notamment lu de cette auteur « Rural ! » qui mérite grandement le détour !

De quoi ça parle ?

« Les ignorants » comme son titre l’indique c’est la rencontre improbable de deux personnages : Etienne Davodeau lui-même dans la peau d’un auteur de bande dessinée et Richard Leroy, vigneron en biodynamie.

Deux mondes différents qui pendant une année ont décidé d’apprendre à se connaitre et à se comprendre. Nous allons donc suivre les aventures de Richard le vigneron à des salons de bande-dessinée, chez un imprimeur, en visite chez un auteur… Quant à Étienne Davodeau, en plus de croquer le quotidien de Richard sur sa planche à dessin, il apprend à tailler les vignes, récolter et vinifier le raisin, composer avec le climat…

Chacun apprend de l’autre, partage ses savoir-faire et s’étonne devant le métier et le quotidien de l’autre.

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Les personnages sont attachants. Pas facile tout de même pour un auteur de bande dessinée de se mettre lui-même en scène. Comment se raconter ? Et montrer au lecteur qui on est sans travestir la réalité au point de ne plus se reconnaitre ?

Du côté de Richard, son côté ours bonhomme et grincheux fait mouche. N’ayant pas la langue dans sa poche, ses propos sont directs mais souvent plein de bon sens.

Etienne Davodeau, à travers ses différentes anecdotes mises en scène, rend leur quotidien irrésistible et juste.

Et l’écriture dans tout ça ?

Le récit se déroule sur des planches en nuances de gris. Pour autant, Etienne Davodeau donne un côté rond et chaleureux à son dessin. Les ombres et le détail apportent un côté vivant à l’histoire.

La bande dessinée est découpée en grands chapitres qui correspondent chacun à une tranche de vie particulière des deux compères.

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Le récit est réel, mais aussi humoristique. L’humour sert d’ailleurs souvent à dénoncer certaines pratiques ou certains éléments qui interpellent un des deux personnages.

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Qu’est-ce que j’en pense ? 

Pour moi, ce récit se place dans la lignée du travail de Raymond Depardon : raconter ce qui est, donner à voir, comprendre mais sans juger. Ici, pas de clichés, de schémas préconçus.

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Je vous conseille grandement cette bande dessinée. Pas besoin d’apprécier ou de connaître le métier d’auteur de bande dessinée ou bien d’agriculteur pour dévorer ce récit. Etienne Davodeau sait croquer chaque instant, le mettre en avant. Rien n’est passé sous silence : les incompréhensions, les moments de communion, de joie, les coups de gueule.

« Les ignorants » est un beau récit d’initiation croisée. On sent qu’Etienne Davodeau affectionne tout particulièrement le monde rural et adore le mettre en images. De notre côté, on en ressort avec une impression d’avoir appris des choses nous-aussi sur le dessin, les ceps de vigne, la tonnellerie. C’est en quelque sorte un troisième ignorant qui s’invite ici dans la danse

5/5

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2 réflexions sur “Les ignorants, de Etienne Davodeau

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