Charlotte, de David Foenkinos

N’étant pas une férue d’art et étant même carrément une esthète non accomplie, je me demandais ce qu’allait me réserver « Charlotte » de David Foenkinos. En effet, ce livre a été présenté comme une biographie romancée de la vie d’une peintre allemande : Charlotte Salomon.

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Comme j’avais plutôt bien apprécié « La Délicatesse » du même auteur, je me suis dit : « Au diable les peurs irrationnelles quant à ton manque de culture artistique, lis prestement ce livre ! » (Mais oui, je me parle tout à fait comme ça !).

Sorti en 2014, nous n’avons cessé tout au long de l’année 2014 et même 2015, de voir « Charlotte » dans les devantures des librairies, d’entendre et de lire des interviews de l’auteur dans les médias. Et cerise sur le gâteau, ce roman sera adapté en film !

De quoi ça parle ?

L’auteur revient sur la vie de Charlotte Salomon, une artiste peintre allemande. Ce qu’on sait dès le départ c’est que Charlotte est morte à 26 ans en étant enceinte. Ce qu’on va découvrir, c’est ce qui a amené à ce moment.

Nous allons faire connaissance de sa famille, de son vécu de la guerre, de l’éclosion de son art. Et il y a aussi la montée du nazisme, l’antisémitisme, les premières amours, tout cela mélangé dans un savant cocktail.

Point trop n’en faut, pour une fois, je resterai concise. Il faut dire que vous en dévoiler plus reviendrait à raconter les principaux évènements marquants du roman et avouez que ce serait dommage !

Et l’écriture dans tout ça ?

« Charlotte« est un petit livre. Et c’est d’autant plus un objet de curiosité que l’écriture y est également atypique. Pour raconter le destin tragique de cette artiste, David Foenkinos est sorti de la sacro-sainte prose pour s’aventurer du côté des vers (ceux des poèmes bien sur !) ce qui donne un étonnant poème en prose.

L’auteur revient donc à la ligne à chaque phrase.

Cela lui permet d’obtenir un certain effet de style,

quoique pouvant sembler tout fait inutile.

Et c’est spécialement cette façon d’écrire que lui ont reproché ses détracteurs, la qualifiant de « lyrisme hyperconvenu ». Voici un extrait d’une critique pour encore mieux vous rendre compte : « On se demande bien à quoi riment ces vers-là. Ses phrases méritent-t-elles d’occuper toute une ligne ? Sont-elles si singulières ? »

En ce qui me concerne, au début j’ai été un peu déconcertée par cette façon d’écrire et puis le charme a fonctionné et finalement jai trouvé ce style dynamique et en même temps très poétique (n’en déplaise encore à certains).

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Autre critique que je trouve infondée, le côté « pas assez documenté » et « trop facile », David Foenkinos aurait donc trop tendance à se prendre pour un touriste en pèlerinage sur les traces de Charlotte. Il est vrai que David Foenkinos est surtout connu pour ses histoires d’amours contemporaines, mais pourquoi n’aurait-il pas le droit de s’aventurer ailleurs ? Et depuis quand faut-il maîtriser les mille et un détails d’un sujet pour avoir le droit d’écrire dessus ?

Bref, vous l’aurez compris, j’ai trouvé là encore certaines critiques assez dures. Pour ma part, le niveau documentaire était suffisant. Si l’auteur en avait rajouté, j’aurais pu me perdre je pense, voire décrocher étant donné que l’art n’est pas mon sujet de prédilection.

Qu’est-ce que j’en pense ?

L’histoire de Charlotte est tragique et dure, ne vous attendez donc pas à une gentille bluette. La façon d’écrire de l’auteur est tout à fait adaptée puisque le poème en prose est une sorte de soupape, de façon d’extérioriser les drames et invite ainsi le lecteur à reprendre son souffle. Il faut dire qu’il en aura bien besoin devant la quantité d’évènements déchirants que contient ce roman. On en viendrait presque à croire que la famille de Charlotte est maudite !

Face à cette avalanche funeste, Charlotte va se réfugier dans l’art et finalement créer une œuvre unique intitulée « Vie ou théâtre ? » mixant plus gouaches, du texte, et même de la musique. Une sorte d’ancêtre du roman graphique comme nous l’explique le site Culture Box. Ci-dessous quelques extraits issus du Jewish Historical Museum

« Charlotte » ne vous laissera pas indifférent que ce soit en positif ou bien en négatif. Je vous invite vraiment à mettre vos préjugés de côté et à lire, si le cœur vous en dit bien sûr, ce roman atypique.

4/5

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4 réflexions sur “Charlotte, de David Foenkinos

  1. Mon Dieu, ce roman…. J’étais en larmes (pour plein de raisons, histoire perso, histoire de Charlotte), j’en suis presque tombée amoureuse.
    Je dis aussi « zut » (pour être polie) à tous ces détracteurs. Et pourtant! Je ne suis pas une fan de Foekinos! Je n’ai pas aimé La délicatesse, je l’ai trouvé simple et trop facile. Alors que Charlotte… les phrases sont belles, l’intrigue est bien menée et puis, cette idée d’enquête, j’ai aimé!
    D’ailleurs, je me suis offert la version illustrée. (Mais contrairement à toi, j’adore la peinture 😉 )

    Aimé par 1 personne

    • Moi aussi j’ai eu envie de dire « zut » à tous ses détracteurs. Ça devient lassant à la fin que les critiques fassent du démontage en règle à tout bout de champ.
      Je ne savais pas qu’il existait une version illustrée, elle doit être magnifique ! ça me donnerait presque envie de m’intéresser un tout petit plus à l’art !

      J'aime

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