Le charme discret de l’intestin, de Giulia Enders

S’il y a bien un ouvrage de vulgarisation scientifique qui m’a tapé dans l’œil depuis un moment, c’est « Le charme discret de l’intestin » de Giulia Enders.

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De part mes activités pro, je suis amenée à faire régulièrement de la vulgarisation scientifique et même si je ne suis pas du tout en biologie / médecine, j’étais à la fois curieuse de voir comment l’auteur avait vulgarisé un sujet qui, a priori, ne passionne pas les foules et pourquoi il y a eu un tel engouement autour de ce livre. Il a tout de même caracolé à la tête des ventes une bonne partie de l’année 2015.

De quoi ça parle ?

L’intestin est un organe méconnu et surtout ayant une image très négative. « C’est un peu beurk non ? », « C’est juste la digestion », « Pas très attirant », « On peut dire autant de choses que ça là-dessus ? ». Voilà le type de réaction que j’ai récolté lorsque j’ai évoqué il y a quelques temps, au détour d’une conversation, le livre « Le charme discret de l’intestin ».

Surfant sur la vague de vulgarisation actuelle avec les approches type : « Ma thèse en 180 secondes », Giulia Enders a remonté les manches de sa blouse (d’étudiante en gastroentérologie) et a décidé de donner à tout à chacun les clés pour comprendre ce qui ce passe dans notre intestin (ses fonctions de base) mais surtout (et c’est là qu’elle apporte un plus à mon sens), sur ses fonctions avancées et surtout (ce qui m’a le plus fasciné) sur le lien qu’il entretient étroitement avec le cerveau.

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Et l’écriture dans tout ça ?

La première moitié du livre revient sur l’intestin : qu’est-ce que c’est exactement ? comment est-il construit ? quel est son fonctionnement ? Je dois d’ailleurs dire que c’est la partie que j’ai trouvée la plus aboutie en termes de vulgarisation scientifique. On sent qu’il y a vraiment eu un gros travail de réalisé afin de trouver les mots justes, les images qui parlent le plus pour que le discours soit accessible au plus grand nombre. Les images (bien que jugées infantilisantes par certains) complètent agréablement l’écrit.

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La vulgarisation est par contre nettement moins aboutie dans la deuxième moitié du livre. Il faut dire que les concepts se font plus ardus ce qui nécessite pour le néophyte un investissement plus poussé dans la lecture. Ce qui est vraiment dommageable vu c’est que c’est la partie qui est, selon moi, la plus intéressante car la plus récente et la plus fascinante. On a l’impression que Giulia a estimé avoir réalisé son devoir de vulgarisation et son côté très « scientifique jargonneux » reprend alors le dessus. Certains termes sont mêmes tenus pour acquis et ne sont ni explicités dans le texte ni définis, ce qui peut tout à fait perdre le lecteur.

Qu’est-ce que j’en dis ?

« Le charme discret de l’intestin », malgré sa qualité inégale de vulgarisation, reste un très bon ouvrage qui se veut accessible à tous. Il est rare que les scientifiques donnent de leur temps pour expliciter et rendre intelligible la science et, à ce titre, je ne peux que soutenir cette belle initiative.

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Un petit bémol toutefois : ce livre n’apporte rien de révolutionnaire et ce qui pourrait l’être (lien avec le cerveau notamment) est rapidement brossé puis éludé.

Une mention toute particulière pour la traduction française du titre que j’ai tout de suite rapproché de celui de l’ouvrage de Douglas Kennedy : « Les charmes discrets de la vie conjugale ». Un jeu de mots fort réussi quoique peut-être involontaire…

Je conseille cet ouvrage à tous les curieux qui souhaitent mieux comprendre le fonctionnement de leur corps. La deuxième partie s’adressant plus à des lecteurs avides de connaissances plus théoriques et moins imagées.

4/5

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4 réflexions sur “Le charme discret de l’intestin, de Giulia Enders

  1. Moi aussi j’entends toujours du bien de ce livre! Je suis curieuse de tout donc pourquoi pas en apprendre davantage sur l’un de mes organes? 😉 Ce qui me fait un peu peur (n’étant pas du tout dans le milieu scientifique) c’est justement le jargon lié à ce sujet que j’ai peur de ne pas toujours suivre … Et vu que tu dis dans ta chronique que la 2ème partie est justement un peu plus complexe que la première, je ne sais pas encore si je me procurerais ce livre …
    En tout cas joli chronique, encore une fois 😉

    Aimé par 1 personne

    • C’est vrai que la deuxième partie est un peu plus ardue que la première mais ça reste quand même du domaine de l’acceptable. Par contre, c’est vrai que certains concepts me sont complètement passés dessus dans cette partie ! Toutefois, j’ai quand même compris le message principal et ça a éveillé ma curiosité. Je suis peut-être un peu dure avec l’auteur vu que je travaille notamment dans la vulgarisation et médiation.

      Aimé par 1 personne

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