Un mauvais garçon, de Deepti Kapoor

_20160305_110445

« Un mauvais garçon » de Deepti Kapoor est un roman qui se déroule en Inde. C’est d’ailleurs cet aspect qui m’a donné envie de le lire. Mais malheureusement, je crois être passée à côté de ce roman. Je vais vous expliquer pourquoi.

De quoi ça parle ?

« Un mauvais garçon » raconte l’histoire d’une jeune indienne de 20 ans dans la cité tentaculaire et très animée de New Delhi. Elle habite avec sa tante, son père est à Singapour, sa mère est décédée. Elle vit au jour le jour, sentant sur ses épaules le poids du quotidien. Elle fait des études, suit avec lassitude sa tante dans les réunions informelles entre femmes, se prête bon gré mal gré au jeu des rencontres avec des prétendants choisis sur le volet, et surtout semble attendre que la vie lui donne quelque chose. Une étincelle ? Un changement ? La liberté ?

Un jour, elle croise dans un café cet inconnu qui dégage un charme très spécial. L’auteur le décrit comme « laid » et pourtant notre héroïne va tout de suite être captivée par son allure, son attitude. C’est le goût de l’aventure, de l’interdit qui l’attire vers lui.

Ils se lient rapidement, liaison malsaine, unilatérale (qui joue avec l’autre ?) ponctuée de longs trajets en voitures à travers la vibrante New Delhi. Au fur et à mesure que les semaines passent, il l’entraîne dans un tourbillon de drogues, d’alcool, de sexe, vers le côté sombre de New Delhi et d’elle-même.

Pour mieux comprendre, je vous laisse visionner cette courte vidéo où l’auteur explique brièvement ce qui l’a poussée à écrire ce roman.

Et l’écriture dans tout ça ?

C’est là que le bât blesse puisque je n’ai pas du tout apprécié l’écriture de Deepti Kapoor. La plume est pourtant incisive, directe mais l’auteur a choisi une écriture déstructurée, très riche en adjectifs et surtout laissant peu d’espaces de respirations dans une même phrase.

Le roman est divisé en grandes parties (équivalentes à des chapitres) et dans celles-ci se côtoient une multitude de petits paragraphes. Ceux-ci n’ont d’ailleurs pas forcément de lien les uns avec les autres. On peut ainsi être au présent et au paragraphe suivant aller dans le passé ou le futur. Les marqueurs de temps m’ont manqué pour comprendre dans quel espace-temps je me situais et, plus d’une fois, je me suis rendue compte a posteriori que l’héroïne parlait d’un moment non contemporain à l’histoire principale.

_20160305_110301
Un aperçu de la plume de l’auteur

La narration m’a également posé problème car elle change assez régulièrement. On passe ainsi du « je » au « elle » sans transition, voire au « il » lorsqu’on entre dans sa tête à lui.

Par contre, l’ambiance de New Delhi est tout particulièrement bien rendue par la plume de l’auteur, qui tend à la rendre vivante, grouillante. A noter également, la présence d’un glossaire venant expliquer tous les termes de la culture indienne distillés dans le récit.

_20160305_110325
Le glossaire qui permet de s’imprégner de la culture indienne

Qu’est-ce que j’en dis ?

« Un mauvais garçon » avait du potentiel avec une histoire touchant au quotidien d’une jeune femme dans l’Inde contemporaine, asphyxiée par les traditions. La plus notable étant les mariages arrangés qui sont vus comme allant de soi pour toute femme qui se respecte et souhaite donner une bonne image de sa famille. Une femme seule y est considérée comme suspecte à bien des égards…

A ce titre, l’héroïne porte en elle, tout au long du roman, les questionnements liés à l’émancipation des femmes en Inde, c’est sa principale force. Pour le reste, c’est avant tout l’écriture de l’auteur qui m’a perdue.

Cette lecture m’aura laissée perplexe, autant par son dénouement que par son déroulement. Le côté « sombre » du récit ne m’a pas vraiment dérangé mais je n’ai pas non plus été touchée par celui-ci.

2/5

Almonds02Almonds02

 

Advertisements

2 réflexions sur “Un mauvais garçon, de Deepti Kapoor

    • C’est vrai que ça n’a pas été pour moi une excellente entrée en matière dans la littérature indienne. Si tu découvres un autre livre dans cette veine, n’hésite pas à me le dire, j’aimerais retenter afin de savoir si c’est le style de l’auteur qui m’a rebuté ou si c’est la construction des récits indiens en soit.

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s