La balade des pas perdus, de Brooke Davis

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Le titre « La balade des pas perdus » m’a tout de suite fait penser au terme « salle des pas perdus » qui m’a toujours fasciné. Je le trouve beau et énigmatique.

La salle des pas perdus est un très grand espace ouvert que l’on trouve souvent dans les bâtiments administratifs, les gares, les palais de justice et qui dessert les salles de réunion et les bureaux. C’est un peu l’endroit qui n’a pas d’utilité directe, d’où les pas perdus : le plus souvent on y chemine, on n’y fait que passer, même si certaines salles des pas perdus sont parfois utilisées ponctuellement pour des réceptions.

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Salle des pas perdus de la gare de Windsor

Cette idée de cheminement, d’avancement, c’est tout à fait ce qu’aborde le roman de Brooke Davis.

Brooke Davis est une romancière australienne, qui a fait une thèse en creative writing. L’écriture créative est une méthode d’écriture enseignée principalement dans les universités anglophones. La formation dans ce domaine repose sur des cours classiques de littérature (histoire, analyse critique, littérature comparée, traductologie) mais aussi des ateliers d’écriture. La validation finale du diplôme se fait par le biais d’un projet littéraire. Le roman « La balade des pas perdus » est le projet final de Brooke Davis pour obtenir son diplôme de docteur en « creative writing ».

En plus de son roman, et afin que son projet littéraire soit complètement abouti, elle nous fait part dans les remerciements de sa volonté de développer un petit film de présentation du livre. Le voici donc :

De quoi ça parle ?

La balade des pas perdus” raconte l’histoire de Millie, petite fille de 7 ans et demie qui note dans un carnet toutes les choses mortes qu’elle a vu : son chien, une mouche,… jusqu’au jour où elle se retrouve à y noter le mot : “Papa”. A partir de là tout bascule. Les jours qui suivent l’enterrement, elle accompagne sa maman dans un grand magasin. Celle-ci lui demande de l’attendre, ce que fait Millie, sagement et consciencieusement.

Elle l’attendra jusqu’à la nuit tombée, sa maman ne réapparaît pas. Elle l’a laissée là, seule. Seule ? Pas vraiment, puisque s’ensuit deux rencontres mémorables pour Millie.

Tout d’abord, avec Karl Le Dactylo, petit vieux plein d’énergie qui rêve d’être “un homme, un vrai”. Il “tape” avec ses doigts, sur toutes les surfaces, les mots et expressions qui lui passent par la tête, un peu comme s’il disposait en permanence d’une machine à écrire, d’où son surnom de Dactylo.

Ensuite avec Agatha Pantha, la voisine de Millie, mal léchée, acariâtre et qui voue une passion à l’examen des affres de la vieillesse sur son corps.

Ces compagnons, vont bon gré pour Karl et mal gré pour Agatha, aider Millie à partir sur les traces de sa maman. Les voici pris dans un roadtrip rocambolesque !

Et l’écriture dans tout ça ?

Le style de Brooke Davis est très direct, dynamique. Le roman contient de nombreux dialogues et peu de descriptions. L’auteur reste au plus près des pensées de ses personnages. On suit d’ailleurs, selon les chapitres, les pensées de Millie, Karl ou Agatha. Chacun, à sa manière, nous raconte sa vie, et la perte d’un être cher. C’est l’élément qui les rassemble tous les trois.

Pourtant rien de larmoyant dans ce livre ! Brooke Davis a choisi la voie de l’humour et du loufoque. Les situations dans lesquelles se retrouvent Millie, Karl et Agatha sont plus d’improbables et, tout au long de leur voyage, ils font la connaissance de personnages atypiques (Mannie le mannequin, les loubards du cimetière, Capitaine Tout…). Ces situations et personnages vont être le prétexte pour aborder des sujets comme le travail de deuil, le passage du temps à travers les stigmates de la vieillesse, mais aussi la solitude.

Qu’est-ce que j’en dis ?

J’ai bien apprécié ce roman, qui, malgré l’évocation de sujets graves, reste frais et léger. Par contre, je n’ai eu autant d’empathie que j’aurais souhaité pour les personnages, et spécialement pour Millie. Je l’ai trouvée naïve, adorable, touchante et quelquefois un peu rentre-dedans mais malgré sa triste situation, je suis restée comme un peu détachée de son histoire.

Je vous recommande toutefois ce roman, que je qualifierai comme plein d’espoir et de belles rencontres.

3/5

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A savoir : l’auteur a écrit un article scientifique en sciences humaines et sociales dans le domaine de l’écriture créative sur le travail de deuil, justement, et la façon de trouver les mots pour en parler. L’article est consultable à l’adresse suivante : http://www.textjournal.com.au/oct12/davis.htm

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10 réflexions sur “La balade des pas perdus, de Brooke Davis

    • C’est vrai que moi aussi j’en attendais plus vu le parcours de l’auteur (travail sur le deuil et Cie) et aussi vu les critiques très positives que j’avais lues ! Ce livre avait un gros potentiel.

      J'aime

  1. Je l’ai aussi dans ma PAL, je l’ai commencé deux fois et j’ai lâché, pas parce que je n’aimais pas, mais parce que j’avais d’autres lectures plus passionnantes à côté.. Dans le genre l’enfant est héros du livre, j’ai lu Ma grand-mère vous passe le bonjour et j’ai adoré Elsa ! D’ailleurs, je le lisais en même temps que La balade des pas perdus.. Et on voit le résultat : l’un est un coup de coeur, l’autre n’est pas terminé..

    Aimé par 1 personne

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