Les mensonges de Locke Lamora, Tome 1 du cycle « Les Salauds Gentilshommes », de Scott Lynch

Me voici de retour avec une chronique d’un livre d’un genre qui me tient tout particulièrement à cœur : la Fantasy.

« Les mensonges de Locke Lamora » est le premier tome d’une série de Fantasy en cours écrite par Scott Lynch. Cette série porte le doux nom « Les Salauds Gentilshommes » : tout un programme ! Pour l’instant trois tomes sont sortis, le quatrième tome est attendu pour juillet 2016.

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De quoi ça parle ?

C’est l’histoire d’une bande de voleurs très particulière, appelée Les Salauds Gentilshommes, et de ses activités et aventures dans la cité à inspiration médiévale de Camorr.

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La carte de la cité de Camorr qu’on trouve au début du roman

Camorr est une cité duale : rutilante d’un côté avec ses nobles riches et ses tours en verre d’antan, et de l’autre ses quartiers pourrissants et mal famés (La Lie, Pleutcendres, Prendfeu…) dans lesquels vivent les différentes bandes qui jurent allégeance au Capa et, qui en retour, bénéficient de sa protection. Le Capa est une sorte de chef suprême de la lie de l’humanité à Camorr : les « Gens Biens » comme ils se font appeler. Toutes les bandes lui doivent un tribut dont celle des Salauds Gentilshommes.

Les Salauds Gentilshommes, comme leur nom l’indique, ont des manières de gentilshommes, ce sont des maîtres dans l’art du grimage (maquillage, costumes, gestuelle, ton de voix, langues). Il tentent sans relâche d’escroquer les riches de Camorr mais pas pour donner aux pauvres ! Non, ce sont loin d’être des Robin des Bois ! Tout gain récupéré vient abonder les caisses de leur bande.

Leur couverture est la prêtrise mais pas n’importe laquelle. Ils ont été formés et coachés par Chains, faux aveugle, prêtre véreux de l’Ordre de Perelandro, divinité-père des miséricordes et seigneur des oubliés qui protège les nécessiteux. Quelle ironie !

La bande des Salauds Gentilshommes se compose d’effectifs très restreints contrairement aux autres bandes de Camorr, mais seulement des personnalités de qualité !

Il y a tout d’abord Locke Lamora, qui est le personnage principal de l’histoire. Surnommé « La Ronce de Camorr« , il est connu et reconnu dans le monde des voleurs. Il est roublard, finalement intelligent, pas très doué au combat physique, mais manie les mots avec aisance et est doté d’un côté théâtral qui lui permet d’endosser de multiples rôles.

Ensuite Jean Tannen, qui, sous ses dehors parfois débonnaires, est le combattant le plus hargneux de la bande. Il utilise « Les Sœurs« , des hachettes meurtrières pour régler ses problèmes.

Enfin, les jumeaux Calo et Galdo, très provocateurs, qui sont aussi meurtriers et dangereux qu’un duo de voleurs peut l’être.

Dans le premier tiers du livre, au-delà de faire la connaissance des différents protagonistes, on apprend que Les Salauds Gentilshommes sont sur un gros coup cette fois-ci ! Ils tentent d’escroquer et de délester de leur argent Don et Donna Salvara, des nobles très fortunés, mais tout ne va pas se passer comme prévu. Et rapidement, c’est l’enfer qui va s’imposer à Locke et à ses compagnons, surtout quand entre dans la danse le Roi Gris, un mystérieux homme qui assassine méthodiquement les voleurs les uns derrière les autres.

Et l’écriture dans tout ça ?

Le roman est bien écrit, riche en détails, en description de la cité camorienne. Les dialogues sont enlevés et l’auteur a conféré une répartie sans égale à Locke.

Il y a également de l’humour dans ce livre. Locke est un pince-sans-rire sans pareil, il ne peut s’empêcher de blaguer et de rire cyniquement de ce qui lui arrive, et-ce même lorsque la situation est désespérée.

L’action étant très dense, des interludes sont proposés par l’auteur, dans lesquels on va, par exemple, suivre Locke jeune ou bien encore découvrir des anecdotes sur des personnages ou événements de Camorr. Ces moments de répit permettent de reprendre son souffle entre les différentes révélations et retournements de situations qui s’enchaînent.

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Photo d’un interlude qui porte ici sur le guerre des Demi-Couronnes

Qu’est-ce que j’en dis ?

Le monde créé par Scott Lynch est très riche et très complet. Il comporte une touche de mystère et de sagesse avec notamment la présence du « verre d’antan » forgé par les anciens.

La cité de Camorr m’a fait penser, par certains côté, à la cité de Krondor créée par Raymond E. Feist dans « Les Chroniques de Krondor« . Celle-ci possède d’ailleurs une guilde des voleurs tentaculaire : « Les Moqueurs« . Locke Lamora a également a un côté très Jimmy-les-Mains Vives (toujours en référence aux personnages de Feist) mais la comparaison s’arrête là. Locke est plus retors, plus entier aussi, moins lisse.

J’ai vraiment aimé ce roman. C’est un véritable coup de cœur Fantasy. J’ai apprécié me replonger dans une nouvelle saga de Fantasy qui tienne la route. Le premier tome est déjà tellement riche en péripéties et rebondissements qu’on se demande ce que l’auteur va pouvoir nous apporter dans les suivants.
Je conseille cette série à tous les amateurs de Fantasy, de complots, d’intrigues rocambolesques, de façon non édulcorées et surtout menées avec panache !

5/5

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A savoir : les droits du premier tome ont été achetés par la Warner Bros en vue d’une adaptation cinématographique. A suivre…

En attendant, vous pouvez visionner le travail de l’artiste qui tient le blog Qwerty Prophecy et qui a imaginé le générique de la série qui raconterait « Les mensonges de Locke Lamora ».

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4 réflexions sur “Les mensonges de Locke Lamora, Tome 1 du cycle « Les Salauds Gentilshommes », de Scott Lynch

  1. Ta revue me donne envie d’y jeter un oeil car j’aime beaucoup la fantasy rocambolesque. Mais j’avoue que ton « non édulcoré » me fait un peu peur, c’est violent??
    Je ne sais pas si tu as lu « Les Lames du Cardinal » de Pierre Pevel, mais c’est vraiment dans le genre que j’aime! C’est un genre de 3 mousquetaires version fantastique.
    Le « faux » générique est magnifique. Vraiment très réussi! ça donne rudement rudement envie!!
    Bises

    Aimé par 1 personne

    • Ce n’est pas en permanence violent mais il y a quelques passages qui peuvent potentiellement choquer car un peu sanglants. Le côté cru vient aussi du franc-parler de Locke et de ses compagnons. Mais je te rassure on est loin d’un thriller comme Chattam ou bien Grangé.
      J’ai déjà entendu parler de Pevel mais je n’en ai jamais lu. Je crois savoir que c’est un hommage aux romans de cape et d’épée. On retrouve un peu cet esprit dans « Le mensonge de Locke Lamora » mais avec un côté plus gouailleur et moins châtié.

      J'aime

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